Les véhicules électriques circulent désormais massivement en ville comme sur les axes périurbains, et la question de la recharge hors réseau revient régulièrement. L’idée d’utiliser un groupe électrogène pour pallier une absence de borne ou une panne peut paraître pragmatique à court terme.
Pourtant, cette solution soulève des problèmes techniques, économiques et environnementaux qui méritent d’être posés clairement avant toute décision. Les paragraphes qui suivent détaillent ces enjeux et proposent des alternatives concrètes et chiffrées.
Sommaire
Qu’est-ce qu’un groupe électrogène ?
Un groupe électrogène est une installation composée d’un moteur thermique et d’un alternateur destinée à produire de l’électricité de façon autonome. Il peut être portable pour un usage ponctuel ou fixe pour des secours industriels.
Les modèles varient selon la puissance (quelques centaines de watts à plusieurs centaines de kilowatts), le type de carburant (essence, diesel, gaz) et les dispositifs d’échappement et d’atténuation sonore.

Groupes électrogènes et véhicules électriques
Brancher un véhicule électrique sur un groupe électrogène est techniquement possible, mais il faut évaluer la compatibilité de la puissance et de la régulation du courant. Un mauvais couplage peut provoquer des pertes et endommager l’électronique de charge.
Au-delà de la seule faisabilité, il convient d’examiner l’efficacité, le coût réel et l’impact environnemental de cette approche comparée à des solutions de recharge courantes.
Impact environnemental
Les groupes alimentés par carburant fossile émettent des gaz à effet de serre et des polluants locaux, souvent en concentrations bien supérieures à une recharge par réseau électrique correctement approvisionné.
En ordre de grandeur, un groupe peut générer plusieurs centaines de grammes de CO2 par kWh produit, selon le carburant et l’efficacité; ce bilan se compare mal à un mix électrique national faiblement carboné.
Fait clé : utiliser un groupe pour recharger régulièrement un véhicule revient souvent à déplacer l’émission de CO2 du réseau vers l’utilisateur, sans gain climatique notable.
Efficacité énergétique réduite
Le rendement global d’un groupe électrogène typique se situe souvent entre 35 % et 42 %, ce qui signifie qu’une part significative de l’énergie contenue dans le carburant est perdue sous forme de chaleur.
Comparativement, la production centralisée et les bornes modernes bénéficient d’économies d’échelle et d’une distribution plus efficace, réduisant la consommation primaire par kWh livré.

Coûts d’exploitation élevés
Le coût opérationnel inclut le carburant, l’entretien et les amortissements, et il peut dépasser de beaucoup le prix du kWh tiré du réseau.
Exemple hypothétique : en supposant un rendement de 40 % et un prix du diesel à 1,80 €/L, produire 1 kWh par groupe coûte environ 0,45 € en carburant seul, sans compter maintenance ni nuisances.
Disponibilité et praticité limitées
Les groupes de forte puissance sont lourds et bruyants, leur transport nécessite une logistique et des autorisations dans certains lieux publics ou résidentiels.
En outre, la mise en service requiert des procédures de sécurité (mise à la terre, ventilation, gestion des carburants) qui ne sont pas neutres en temps et en compétences.
Compatibilité technique et sécurité
La qualité du courant (tension, fréquence, harmoniques) délivrée par certains groupes peut être médiocre et perturber les systèmes de charge des véhicules modernes.
Des protections supplémentaires (onduleurs, filtres, transformateurs) peuvent être nécessaires, ce qui augmente la complexité et le coût d’une solution censée être « simple ».
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Alternatives écologiques et pratiques
Les bornes publiques et les infrastructures de recharge à domicile restent les solutions les plus rationnelles pour la majorité des usages quotidiens.
Les technologies évoluent rapidement : les bornes rapides, la recharge intelligente et la charge bidirectionnelle offrent des services inaccessibles via un groupe électrogène.
- Borne publique : idéale pour les trajets longue distance et les recharges rapides.
- Borne à domicile : optimisée pour le coût via les heures creuses et la planification.
- Charge bidirectionnelle (V2G) : permet de restituer de l’énergie au réseau ou d’alimenter une résidence en cas de besoin.
| Paramètre | Groupe électrogène (typique) | Réseau / borne |
|---|---|---|
| Rendement | 35–42 % | 38–55 % (selon mix) |
| Émissions CO2 | ~700–1000 g/kWh (ordre de grandeur) | 50–300 g/kWh (selon pays) |
| Coût carburant | ≈0,40–0,60 €/kWh (estimation) | ≈0,10–0,25 €/kWh |
Cas pratique estimatif : un groupe diesel de 6 kW utilisé pour recharger une voiture à 7 kW pendant 2 heures consommera plusieurs litres et coûtera en carburant bien plus qu’une charge équivalente en station.
| Hypothèse | Valeur | Remarque |
|---|---|---|
| Prix diesel | 1,80 €/L | Exemple |
| Rendement groupe | 40 % | Valeur moyenne |
| Coût kWh carburant | ~0,45 €/kWh | Calcul : 1 L ≈ 10 kWh théoriques → 4 kWh produit |
À noter : ces chiffres sont des ordres de grandeur destinés à documenter une comparaison et non des valeurs contractuelles.
Cas d’usage ponctuel et secours
Dans un contexte d’urgence ou pour un usage très ponctuel, un groupe peut dépanner, par exemple lors d’une coupure générale ou pour un site isolé sans autre option.
Il convient alors de prévoir des protections électriques adaptées, un stockage sécurisé du carburant et de limiter la durée d’utilisation pour réduire l’impact.
Aspects réglementaires et permis
De nombreux lieux publics interdisent l’usage de groupes sans autorisation en raison des nuisances et des risques liés au stockage de carburant.
Avant toute utilisation dans un espace partagé, il est essentiel de vérifier la réglementation locale et d’obtenir les autorisations nécessaires.
Bilan et recommandations
Utiliser un groupe électrogène pour recharger un véhicule électrique reste une solution de dernier recours, justifiable uniquement en cas d’urgence ou d’absence totale d’alternatives. Pour un usage régulier, les faiblesses en rendement, le coût élevé et l’empreinte carbone rendent cette pratique peu pertinente.
Préconisations pratiques : privilégier la recharge sur réseau, installer une borne domestique si possible, et explorer la charge bidirectionnelle pour maximiser l’efficacité et la résilience. Enfin, lorsque l’usage d’un groupe est inévitable, limiter la durée, choisir un modèle moderne et bien entretenu, et intégrer des filtres et protections pour préserver l’électronique du véhicule.
FAQ
Techniquement c’est possible, mais la qualité du courant (tension, fréquence, harmoniques) peut être médiocre. Des protections et filtres sont souvent nécessaires pour éviter d’endommager l’électronique de charge.
Un groupe alimenté aux carburants fossiles émet en général beaucoup plus de CO2 et de polluants locaux par kWh que le réseau. L’empreinte carbone est souvent déplacée vers l’utilisateur sans bénéfices climatiques.
Non : en tenant compte du rendement, du prix du carburant et de l’entretien, le coût par kWh produit par un groupe peut être plusieurs fois supérieur à celui d’une recharge sur réseau ou à domicile.
Un groupe peut dépanner en cas d’urgence, coupure générale ou site isolé sans alternatives. Il faut alors limiter la durée, prévoir protections électriques et stockage sécurisé du carburant.
Les meilleures alternatives sont la borne à domicile optimisée heures creuses, la recharge sur réseau public rapide, ou la charge bidirectionnelle (V2G) qui offre résilience et meilleures performances énergétiques.





